Exposer le corps de la femme pour vendre

Les publicités sont partout ! Sur Internet, dans la rue, dans les transports en commun… Sur grand nombre de ces affiches, on voit des femmes. Pour des vêtements ou des produits cosmétiques ça peut se comprendre mais pour des biscuits ou de la lessive, quel est le lien ? Une publicité a pour but d’inciter un public à acheter un produit, mais quel le rôle joue le corps de la femme dans tout cela ?

Dessin fait par Silvestre Emma

Durant les années 1950, la femme était déjà très présente dans les publicités : on utilisait le cliché de la ménagère parfaite avec son mari et ses deux enfants car ce modèle illustrait la « famille parfaite ». Aujourd’hui et depuis des années déjà, on utilise le corps de la femme comme un « objet » afin que les consommateurs, notamment masculins, portent leur regard sur le produit, soient séduits par le corps de la femme et choisissent donc cet article grâce à la photo plus que grâce au produit en lui-même. Bien souvent le produit n’a donc rien à voir avec la femme, ce n’est qu’une simple stratégie. D’autre part, même quand la publicité concerne un produit destiné à la gent féminine, le corps de la femme est souvent hypersexualisé et exagérément mis en avant.  De plus, les modèles féminins utilisés dans ces publicités ne sont bien évidemment pas représentatifs de la taille et de la corpulence de la majorité des femmes et ne prennent pas non plus en compte la diversité de ces corps. Les femmes que l’on voit dans les pubs correspondent aux canons de beauté d’une époque et, à la moindre imperfection, sont retouchées. Pas de femme handicapée, grosse, petite ou poilue : on est bien trop loin de ce que la société considère comme attirant ou séduisant !

Nous ne faisons pas vraiment attention aux images auxquelles nous sommes exposés quotidiennement, et pourtant, inconsciemment ou consciemment, cela nous influence énormément. Alors même si les mentalités évoluent et que l’on voit de plus en plus de mannequins « grandes tailles » (généralement de 42 à 46, est-ce vraiment grande taille sachant qu’une étude de 2016 réalisée par Clickndress a montré que les Françaises faisaient majoritairement du 38,40 et 42 ?), il est grand temps que les publicités se diversifient. Alors la prochaine fois que vous voyez une publicité, posez-vous les bonnes questions : voulez vous vraiment acheter ce produit ou sont-ce les images qui vous ont séduit ?

Zazie Hattemer

Transformer le désert en oasis, la question de la région Saharo-Sahélienne

Au Niger, la population des Touaregs se soulève face à un gouvernement qui s’accapare les richesses de l’uranium. Au Sénégal, le projet de la ceinture verte se concrétise avec 40 000 hectares de région désertique désormais boisée .En 2014, Aboubacar Shekau proclame un califat Islamique dans le nord du Nigeria qui déclare rapidement allégeance à Daech. Ces contestations face au partage inégalitaire des richesses, ces interférences d’Etats du Nord et ces combats contre la désertification sont à l’image du contexte complexe de la région du Sahara et du Sahel, vaste étendue désertique qui va de la Gambie jusqu’à Djibouti.

Description de cette image, également commentée ci-après
Le désert près de Tamanrasset en Algérie

Mais les origines du manque de stabilité de la région ne datent pas d’hier. Depuis leur indépendance de la France et du Royaume-Uni dans les années 60, la majorité des pays qui forment cette zone historiquement connue pour ses multiples routes commerciales reliant Méditerranée et Afrique subsaharienne ont connu, comme la plupart des anciennes colonies, le phénomène d’une mauvaise redistribution des richesses: les gouvernements autocratiques, corrompus et inexpérimentés qui ont émergé dans la période post coloniale se sont appropriés les richesses des sous-sol (avec le partenariat de leur anciennes métropoles) et ont négligé les populations nomades berbères éloignées des grandes villes.

Les conséquences sont multiples :

  • un tiers des ampoules d’électricité françaises brillent grâce à l’uranium Nigérien alors que 90% de ces derniers n’ont pas accès à l’électricité ; le tout avec un taux d’extrême pauvreté de 60% ;
  • En 2012, les Touaregs du nord du Mali, citoyens de seconde classe éloignés de toute prise de parole par le gouvernement de Bamako,  s’insurgent et font sécession puis  vont jusqu’à occuper trois des villes les plus importantes du pays ;
  • Les anciennes routes caravanières qui traversaient le désert, apportant le sel et l’or au Maghreb, sont maintenant détenues par des trafiquants de drogues et d’êtres humains.

C’est donc en vue de cette situation de mondialisation retardée, de conflits ethniques, de raréfaction des ressources d’eau et de l’expansion du Sahara vers le sud que la commission de la région Saharo-Sahélienne  a été créée, avec pour objectif de traiter de la question de l’accès à l’eau et à l’énergie dans un contexte d’explosion démographique et de changement climatique. De plus, il est aussi question de la pacification de la zone : comment faire de la région Saharo-Sahélienne un espace de paix, de stabilité et de démocratie dans cette région en proie au conflit?

Cia Lorenzo

Témoignage de collégiens sur la visite de Leiden

Le 28 mars, nous, élèves du Lycée français International Louis Massignon, venus du Maroc pour assister au MFNU, avons visité la ville de Leyde.

Nous avons observé de magnifiques monuments : des moulins, des ponts, des anciens remparts et plusieurs cours de charité (appelés hofjes en néerlandais) .

Une des particularités de cette petite ville est le fait que nous pouvons y voir des poèmes inscrits en plusieurs langues sur les murs.

Un des emblèmes de Leyde est deux clés croisées, représentant les clés du Paradis d’après les croyances locales. On les trouve sur les murs, les sols et parfois même sur les monuments. 

les deux clés croisées, représentant les clés du Paradis

Rania Bennani et Med Kamil Berrada

Cérémonie d’ouverture du MFNU 2019 perçue par deux collégiens

La cérémonie s’est déroulée dans le très bel hôtel Kurhaus. Nous sommes arrivés en tramway et avons été accueillis dans le hall d’entrée puis nous avons été conduits dans la salle préparée pour la cérémonie.

Sur nos sièges, il y avait un exemplaire du  Canard Diplomatique  qui parlait des thèmes de cette 15ème édition du MFNU. Au début de la cérémonie, des élèves ont défilé dans la salle avec des drapeaux de tous les pays participants. La présidente de l’Assemblée générale a prononcé un premier discours puis a laissé la parole au proviseur du lycée français Van Gogh qui a introduit les thèmes de la conférence et a remercié les personnes présentes notamment l’ambassadeur du Maroc au Pays-Bas qui a assisté à la cérémonie.

La parole a ensuite été donnée à la première conseillère de l’Ambassade de France qui a parlé de ce que la France avait fait pour améliorer la situation de l’égalité des sexes. Après ces discours, des élèves de l’atelier musique du lycée ont chanté des chansons en rapport avec les thèmes du MFNU cette année (égalité des sexes et travail décent).

Le troisième discours était celui de la députée de la seconde Chambre du Parlement : elle a également abordé la question de l’égalité entre hommes et femmes dans un discours incroyable qui pouvait être compris de tous et dans lequel elle a dit que nous avons besoin de diversité. En effet, chacun possède des facultés bien à lui et complète les autres. Ce discours lui a valu des applaudissements nourris. Enfin, la Secrétaire générale s’est exprimée et d’autres élèves ont brandi  des pancartes relatives aux problèmes mondiaux qui allaient être discutés lors de la conférence. Elle a ensuite prononcé un discours sur les femmes et leur place dans la société. La Secrétaire générale s’est exprimée avec une ferveur qui montrait bien sa détermination à trouver une solution pour obtenir une égalité entre les deux sexes. La Présidente a repris la parole et a annoncé officiellement l’ouverture de cette 15ème édition du MFNU.

Lazrak Ghita et Mouttouakil Omar  

Témoignages de collégiens sur visite à Keukenhof

Lors de notre journée de visite, le jeudi 28 mars 2019, nous, les élèves du L.F.I.L.M (Lycée Français International Louis Massignon) , avons commencé notre excursion avec le jardin unique consacré aux tulipes : Keukenhof.

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Ce jardin botanique, de plus de 7 millions de fleurs, est composé essentiellement de tulipes réparties sur 32 ha avec plusieurs petits lacs, ruisseaux et fontaines.

Une fois arrivés, nous nous sommes séparés en plusieurs groupes.

Nous les collégiens avions la sensation d’être libres  tout en étant excités et complètement dépaysés. L’air était pur et la densité des fleurs, avec leurs dispositions réfléchies, nous ont laissé éblouis.

Parmi les moments forts, notre préféré est lorsque nous avons marché sur des nénuphars en bois, flottant sur l’eau.

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Lors de cette visite, nous avons également acheté des souvenirs tels que des sabots en tissus, des porte-clefs, des tulipes en bois,…

De surcroît, pour rendre cet instant intemporel, nous avons pris énormément de photographies dont quelques unes sont ci-dessous.

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Bennouna Syrine et
Lagzouly reda

Droit et travail: Interview avec Pascal Gilet, Directeur général de Heineken Pays- Bas.

« La richesse des entreprises, c’est la diversité »

Pascal Gilet

Dans l’univers généralement très masculin de la bière, Heineken fait figure  de porte étendard de la diversité, aussi bien dans le domaine salarial que celui de ses consommateurs.

« Si c’est ça le comportement à avoir, alors nous ne sommes pas fait pour vous. »

Voilà le slogan qu’on trouve sur la nouvelle publicité de la bière Mexicaine  Tecate, filière du géant brasseur Heineken. Cette phrase apparaissait en dessous d’images d’hommes prêts à rouer de coup leur femme, une bière à la main… Avec cette nouvelle campagne publicitaire choc, Heineken affirme encore une fois son intolérance vis-à-vis des violences faites aux femmes. Mais c’est également l’idée de fond qui est révolutionnaire : oui, la croissance se fait par l’insertion de la femme dans le domaine salarial, l’inclusion est la clé. C’est ainsi que Pascale Gilet, directeur de Heineken Pays-Bas,  défendait le concept diversité, dans la conférence qu’il a tenue ce vendredi devant les délégués du Bureau International du Travail.

C’est donc cela le chemin à entreprendre pour un travail digne pour tous ?

Un des gros moteurs de développement sont la diversité et l’inclusion. Autant la diversité se mesure par des choses assez concrètes : le pourcentage d’hommes et de femmes dans l’entreprise, les croyances, les profiles physiques etc… mais au-delà de ça  le plus important c’est l’inclusion: comment on opère. Comment donner sa place à chacun au sein du groupe en fonction de ses différences. Et surtout comment faire participer l’employé à la vie de l’entreprise. C’est complexe mais j’y crois énormément. Il faut dépasser le simple clivage homme/femme, la diversité et l’inclusion comportent beaucoup plus de facteurs que ça.

En effet, il faut rendre à César ce qui est à César et a Heineken ce qui la définit depuis maintenant bien des années : égalité des salaires entre hommes et femmes, absence de plafond de verre, relation de confiance avec les employés, qualité des conditions de travail, la marque s’est positionnée comme défenseuse des droits salariaux et de l’environnement, exemple à suivre pour toute entreprise mondialisée. Mais comment ?

Une des croyances de Heineken, c’est d’avoir un rôle social. Au-delà de notre rôle mercantile et de créer du profit, on veut faire en sorte que toutes les personnes qui travaillent chez nous ou qui consomment nos bières soient fières de la raison pour laquelle ils le font. Et c’est à la notion de donner à chacun des chances que l’on s’attache.

Donc finalement Heineken, c’est l’image d’un monde moderne qui inclue tout le monde.

Prenez l’exemple de notre publicité au Mexique ! C’est le marketing tel que Heineken le conçoit: une vision moderne, ouverte et respectueuse de la société. Si on continue avec les stéréotypes du style « bière de mec et bière de filles », on n’arrivera à rien. Il faut rendre la consommation acceptable pour les deux partis, parfois ce sont les profils de goûts ou des positionnements de marques. Mais notre marque est très féminine et encore plus loin on est connus pour être un très grand défenseur de la communauté LGBT, on veut aller au-delà des discriminations classiques hommes/femmes, on veut être ouverts à tous et on veut promouvoir la capacité de chaque individu de défendre qui il est . C’est ça l’inclusion, c’est véritablement respecter chacun dans sa nature profonde.

Cia Lorenzo

Interview de Marie-Hélène de Ny sur son exposition « Infinités plurielles »

Pouvez vous vous présenter en quelques mots?

Je m’appelle Marie-Hélène le Ny, je suis photographe, ou photographiste comme je dis. J’ai fait des études d’arts et j’ai décidé de me consacrer aux arts plastiques en m’intéressant beaucoup aux interactions entre les humains et en essayant de construire un travail artistique à partir des rapports humains.


Vous êtes à l’origine de l’exposition infinités plurielles. Pour les élèves qui n’ont pas eu la chance de la voir, pouvez-vous nous en dire plus? Qu’est-ce qui vous a poussé ou motivé à faire cette exposition?

« Infinités plurielles , c’était une commande du ministère de la recherche qui m’a été faite suite au projet « on ne naît pas femme, on le devient » que j’avais réalisé en 2010. C’était pour moi une façon de faire une espèce d’état des lieux, en tout cas de m’interroger sur l’état de l’émancipation des femmes aujourd’hui. J’avais, en effet, eu l’occasion de travailler avec des femmes, des femmes empêchées, qui étaient très limitées dans leur autonomie. J’étais aussi très agacée par la façon dont on représente les femmes dans les médias. J’ai voulu prendre le contre-pied de « sois belle et tais toi » et de dire aux femmes: « venez comme vous êtes, vous êtes toutes belles et, faites-moi entendre ce qui est important pour vous, ce que vous avez envie de partager, faites entendre votre voix ».

Et du coup, j’ai photographié 192 femmes de 9 à 90 ans, je les ai écoutées et j’ai tout enregistré pour faire entendre leur voix. Cela a donné lieu à une exposition On ne naît pas femme, on le devient qui a été vue par la chargée d’égalité au ministère de la recherche et qui est venue me voir en me disant qu’elle aimerait que je fasse un projet pour mettre en valeur la place des femmes dans les sciences. En France, il n’y a que 25% de femmes dans le monde scientifique et bien évidemment, plus on monte dans les responsabilités, moins elles sont nombreuses. « 

Pouvez-vous nous parler d’une expérience ou d’une femme qui vous a particulièrement marquée que ce soit pendant votre exposition ou votre carrière?

« Alors, c’est difficile parce que j’en ai rencontré un très grand nombre, nous sommes en 2019, cela fait pratiquement quinze ans que j’ai commencé à creuser la question de la place des femmes et de leur sort. Mais une qui m’a vraiment donné l’impulsion de faire ce projet, cela devait être en 2005 ou 2006 avec un groupe de femmes qui apprenaient le français en banlieue parisienne. Je leur faisais faire des portraits que j’appelais « portraits écrits ».

Mon projet, c’était de donner la parole à des femmes qui ne l’ont pas. C’était des femmes qui étaient un peu invisibles dans la société française, qui avaient migré souvent avec un mari et qui vivaient dans les banlieues. Elles ne travaillaient pas, parlaient très peu la langue ou pas du tout. Et cette femme qui venait participer au projet, je l’ai vue deux fois; Elle était voilée mais elle a posé de dos, et elle n’est jamais revenue. Elle a fait porter son texte par sa fille, où elle disait, comme la fois où je l’avais rencontrée qu’elle avait un mari très dur . Elle n’en pouvait plus d’être enfermée, de ne rien pouvoir décider de sa vie. On avait quand même fait son portrait donc elle a été ajoutée dans le projet. C’est une femme qui avait presque mon âge, peut- être deux ans de plus que moi et je me suis dit : « quelle vie elle a , comment c’est possible qu’elle soit à ce point-là abandonnée par l’État ? Personne ne l’aide à faire valoir ses droits ».

Elle était prisonnière. C’est là que j’ai décidé qu’il fallait absolument que je travaille sur la question des femmes. J’avais l’impression que l’on reculait, elle avait des conditions de vie pires que ma grand-mère. L’idée ce n’est pas de retourner vers nos ancêtres, mais d’adopter des modes de vie plus harmonieux. En  même temps, en 2009, il y a eu une exposition au centre Pompidou qui a sorti des œuvres de femmes. J’ai compris qu’il y avait des artistes femmes formidables mais qu’on ne les connaissait pas. Même moi qui avais fait des études d’arts, je n’avais jamais entendu parler d’elles.

Enfin, j’ai rencontré deux femmes formidables. La première est Geneviève Fresque, philosophe qui depuis quarante ans travaille sur la dimension politique des rapports hommes/femmes. Ensuite, Françoise Héritier que j’ai eu la chance de rencontrer, qui est décédée depuis, anthropologue formidable qui a consacré toute sa vie de recherche sur la question des rapports entre les hommes et les femmes.
Donc vous m’avez demandé d’en garder une mais je cite une rencontre qui a été difficile mais un déclencheur et puis deux qui ont nourri ma réflexion sur l’humain.”

Le film hier parlait de femmes fortes dans le monde du travail, tout en mettant en évidence les inégalités qui continuent d’exister. Quels conseils donneriez-vous aux délégués de cette conférence afin d’améliorer cette situation dans le monde du travail?

“C’est difficile, il existe des discriminations invisibles soit parce qu’elles sont ancrées dans les fondements de votre éducation que vous ne les voyez pas ou alors parce que c’est une sorte de litanie répétée par les hommes: les femmes seraient inférieures aux hommes, et certaines femmes en sont malheureusement persuadées.

Pour revenir à votre question, ce serait de veiller tout particulièrement à se poser la question de la discrimination sexuelle dans tous les éléments de la question. Par exemple, il est beaucoup question de la place des femmes dans la résolution des conflits, elles n’y sont pas souvent associées alors que quand elles le sont la paix est plus durable.

Il faut donc toujours viser une réflexion paritaire, cesser de faire des lois qui touchent femmes sans leur demander leurs avis. Il y a des pays ou par exemple les hommes ont décidé que les femmes n’avaient pas le droit d’avorter. Je ne vois pas en quoi cela les regarde, ce n’est pas leurs corps, ni leur vie: ils décident purement et simplement à la place des autres. Il est donc nécessaire de toujours réfléchir à l’implication qu’une décision aura sur la vie des hommes et celles de femmes. Par exemple, on est en train de s’apercevoir que la recherche médicale, est souvent réfléchie uniquement pour un corps masculin, c’est-à-dire que l’on va penser les dosages, les expériences sur un corps d’homme. Or certaines fois, il devrait y avoir des spécificités, on devrait être capable s’interroger sur ce qu’une certaine molécule peut faire aux hommes et aux femmes.

Au lieu de créer de nouvelles lois visant à une parité, il faut faire en sorte que celles qui existent soient appliquées, que l’on mette des moyens en place dans les pays pour que la loi devienne une obligation et pas une recommandation. De nombreux états ont l’air vertueux car ils ont mis des lois paritaires en place alors qu’en réalité les filles ne vont pas à l’école et continuent à être mariées très jeunes. Il faut aller jusqu’au bout du processus dans les conventions internationales, écouter et aller voir les femmes qui n’ont pas été à l’école, ne peuvent pas écrire leurs revendications. Il ne faut pas seulement penser aux choses de manière abstraite: il faut travailler plus près de la population. Ces personnes ont aussi des choses à dire, elles doivent être entendues que ce soit pour résoudre un conflit ou même pour lutter contre le dérèglement climatique: c’est leur vie qui est en jeu.”

Theret Constance

Le sport : un terrain d’égalité ?

Un couple a deux enfants : une fille et un garçon.  Naturellement, les enfants doivent faire du sport : c’est bon pour leur santé, pour se faire de nouveaux amis, ils doivent se dépenser, … Alors leurs parents décident de les inscrire : le petit garçon au football et la petite fille à la danse. Pourquoi pas l’inverse ? Mais parce que le foot c’est un sport de garçon et la dance un sport de fille ! Dit comme cela ça peut paraître extrême et cliché, et pourtant c’est la réalité de la plupart des familles.

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Un match de foot féminin

Sur un sondage réalisé sur 20 filles et 20 garçons âgés de 14 à 18 ans, aucun garçon ne fait de la danse, de l’équitation, du patinage, de la natation synchronisée ou encore de la gymnastique. De même, seule une fille fait du foot, une du surf et une autre du basket, aucune du rugby ou de la lutte, alors qu’un quart font de la danse. Bien sûr, il y a eu du progrès, le football féminin est de plus en plus répandu et beaucoup de personnes suivent le basketball ou le tennis féminin. De plus, depuis les années 1990, la participation des femmes dans les sports de compétition a grandement augmenté grâce à tous les sports présentés aux Jeux olympiques dans lesquels plus aucun pays participant ne concourt sans une équipe féminine. Néanmoins, comme dans tellement d’autres domaines, il reste de nombreux progrès à faire.

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Un combat de boxe féminin

Bien que nous soyons loin du temps où les femmes devaient se travestir pour faire du sport ou encore du temps où l’on disait aux femmes de faire du sport pour mieux faire le ménage, il reste de grands écarts entre les pratiques sportives des femmes et celles des hommes. Il faudrait arrêter de considérer les femmes comme des êtres faibles et fragiles ; certaines femmes peuvent être plus fortes que certains hommes, tout comme l’inverse est possible. Enfin, arrêtons de parler aux filles et aux femmes du sport comme le moyen de perdre du poids et d’avoir un « corps parfait », le sport doit faire du bien, on doit pouvoir prendre du plaisir (même dans la souffrance parfois !) et se surpasser ; mais par envie et non pas par obligation. La marche, la natation, les sports de combat, les sports collectifs, les sports extrêmes, avec des animaux, peu importe tant que ça vous plaît ! Arrêtons d’ailleurs de parler de « sport féminin » parce que, malgré tout ce qu’on essaye parfois de nous faire croire, le sport n’a pas de sexe.

Zazie Hattemer

Balayons les inégalités

Blanche Neige qui fait le ménage dès son arrivée chez les sept Nains, Cendrillon qui chantonne en récurant sa maison… Quels beaux exemples pour les petites filles ! Alors qu’on a longtemps estimé que les femmes devaient rester à la maison pour s’occuper des enfants, faire la cuisine, le ménage, etc. et que la plupart des femmes de ménages sont des femmes (tout est dit dans le nom !), n’y a-t-il pas eu la moindre évolution ?

Le ménage au sein du foyer

D’après les derniers chiffres d’Eurostat et de l’office fédéral allemand de la statistique datant de 2018, dans l’Union Européenne, 79% des femmes cuisinent et/ou s’occupent des tâches ménagères chaque jour contre 34% des hommes. Ce serait donc la plupart du temps des femmes qui font la majorité des tâches ménagères dans leur foyer. Mais cela n’a rien d’étonnant après tant de siècles à considérer les femmes comme inférieures aux hommes. Néanmoins, le tableau ne semble plus tout noir puisque sur un sondage réalisé sur une trentaine de lycéens, ¼ ont déclaré que les tâches ménagères sont réparties à peu près également entre l’homme et la femme, et seulement une élève a affirmé que dans son foyer, seule elle et sa mère s’occupent des taches ménagères tandis que son père et son frère ne font absolument rien. La moitié des personnes interrogées ont déclaré que, bien que ce soit leur mère qui fasse la majorité des tâches ménagères, leur père faisait tout de même régulièrement le ménage, les courses ou la cuisine. Les inégalités perdurent mais les progrès constatés, bien qu’insuffisants, sont essentiels pour le futur. En effet, c’est en donnant l’exemple aux plus jeunes que ceux-ci seront incités à en faire de même et à répartir également les tâches ménagères au sein de leur foyer futur et à vouloir la parité dans tous les domaines de leur quotidien.

Cependant, le quart des lycéens ayant participé au sondage ont dit que chez eux c’est une femme de ménage qui s’occupe des tâches ménagères. Malheureusement, à ce niveau-là, il ne semble pas qu’il y est eu le moindre progrès ces dernières décennies.

« Good Housekeeping », ou ‘bonne ménagère’, magazine américain publé en 1908


Les femmes de ménage

D’après un rapport de l’INSEE datant de 2011, 97,7% des aides à domicile, aides ménagers et assistants maternels sont des femmes ! Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Beaucoup d’entre elles travaillent dans de très dures conditions, commencent parfois leur journée extrêmement tôt le matin et/ou finissent tard, tout cela pour un salaire bien souvent très bas. Ce travail est dévalorisé par la société, on veut rendre les femmes de ménages invisibles et pourtant que ferions-nous sans elles ? Que ce soit dans les endroits publiques ou au sein des foyers les femmes de ménages méritent plus de reconnaissances et de vivre dans de meilleures conditions : il est tant que les choses changent pour elles aussi.

Hattemer Zazie