Sondage de membres du MFNU sur leur ressenti des inégalité homme-femme

Ressentez-vous personnellement des inégalités entre homme et femme ? Si oui, quelles sorte d’inégalités ?

Thibault (seconde):

« Je pense qu’il y a de grandes inégalités entre les hommes et les femmes. Lors de l’éducation, il y a des stéréotypes associés à chaque sexe qui ne devraient pas l’être. Par exemple, on voit que l’homme est associé à une force physique et de caractère « l’homme ne peut pas pleurer et c’est normal pour une femme de pleurer » mais dans les deux cas c’est faux. Un homme peut très bien être sensible et pleurer et une fille n’est pas obligée de pleurer ou d’avoir une sensibilité exagérée.

Je pense aussi que la plus grande preuve que le sexisme est réel est que quand on parle du mot « sexisme » on pense tout de suite à un homme qui maltraite une femme, qui la considère comme inferieure ; mais c’est faux. Il y a bien des cas comme ça, mais le sexisme masculin existe aussi. Ce sexisme est inférieur, mais ça montre quand même que, dans la mentalité des gens, les préjugés sont omniprésents et même sans réfléchir on cherche un préjugé. C’est très important de changer ca et ça commence dans la base de l’éducation. C’est là qu’on peut éviter ce genre de clichés. »

Alice (terminale):

« Personnellement non, même si on habite dans un pays où les femmes sont moins discriminées que dans d’autres il arrive qu’on entende des remarques sexistes. Après, on se rend compte que, en tant que jeune femme, j’ai autant de possibilités que les hommes de mon âge. »

Professeur femme (invitée):

« Oui, je peux vous donner une anecdote de mon travail. J’ai travaillé auparavant dans une université où j’avais été embauchée pour une mission en même temps que mon compagnon pour les mêmes deux postes. Un collègue de notre équipe qui avait un invité nous a présentés en tant que « Mr. X, le nouveau enseignant de rechercher et sa femme » alors que je travaillais sur le même poste pour la même mission. Donc, pour cet exemple d’inégalité homme femme dans le travail, j’ai découvert que c’était choquant d’être « la femme de » et non sa propre personne, même si mon collègue a commis, sans le faire exprès, cette erreur. On perd notre statut selon si on est « Mr. » ou « Mme. ». »

M.Ballet:

« Dans l’Education nationale, du point de vue d’un professeur, je n’ai jamais ressenti d’inégalités entre homme et femme. En revanche, chez les élèves filles, on le ressent beaucoup dans l’orientation. Elles pensent automatiquement à des orientations littéraires au lieu de scientifiques. Quand on observe les séries L, on remarque que les filles sont bien plus nombreuses. Cependant on constate et c’est un progrès qu’en S le nombre de filles et de garçons a tendance à s’équilibrer.

En ce qui concerne les inégalités entre homme et femme, surtout dans l’environnement scolaire, je ressens que les professeurs ont certains stéréotypes sur le comportement « féminin » et « masculin » des élèves. Ils peuvent parfois juger les élèves qui ne se comportent pas correctement par rapport à ce stéréotype. Ces « règles de norme » se résument à : la fille doit être calme et travailler dur alors que le garçon doit être bruyant  et ne pas travailler correctement. »

M. Edea (Maroc) :

« Je suis professeur au Maroc, dans il y a une situation extrêmement singulière par rapport à ce qu’on peut vivre en  France lorsque on est un homme ou une femme, plus particulièrement une femme. Même en tant qu’homme, je suis dans une situation dans laquelle ma femme ne peut pas sortir seule dans la rue. Effectivement ce n’est pas possible pour une femme seule – qu’elle soit marocaine ou française – de se promener tout simplement, puisqu’elle va vite être sifflée, accostée toutes les 5 minutes, elle n’a pas cette liberté de pouvoir se balader, après c’est propre au Maroc. Après je pense aussi qu’en tant qu’homme, nous avons un combat à mener nous-mêmes, et contre nous-mêmes par rapport à ce que nous avons pu apprendre dans notre propre éducation, dans des manières de faire.

Il faut prendre conscience, que même quand on est fortement pour l’égalité, des fois c’est plus fort que nous, ça se voit quand les gens parlent avec une remarque ou autre. On a une vraie éducation à faire vis-à-vis de soi pour sortir d’un mode de fonctionnement qui est évidemment un regard sur la femme, celui qui prend la femme pour objet, qui considère ou fait des remarques qui peuvent ramener la femme à la femme au foyer même si elle travaille et que c’est ma collègue. Il faut que les hommes fassent un réel travail sur eux-mêmes. »

Leenstra Amandine

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