Le peuple lutte contre les inégalités : la Chine et Leipzig en 1989

« Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire » a dit Albert Einstein. En effet, une des plus grandes actions que peut mener un peuple pour montrer son désaccord et agir à son niveau, c’est manifester. La France l’a bien compris et est mondialement connue pour les nombreuses manifestations qu’elle organise régulièrement. Cependant, loin des protestations de la SNCF ou des compagnies aériennes, certaines manifestations populaires ont mené à de réels changements dans la société : c’est le cas de Leipzig et de la Chine en 1989.

Alors que le Mur de Berlin séparait l’Allemagne de l’Est de l’Allemagne de l’Ouest depuis 28 ans déjà, Erich Honecker, promettait que le mur de Berlin durerait encore 100 ans. Pourtant, depuis le 2 mai 1989, la frontière entre la Hongrie et l’Autriche était ouverte et de nombreux Allemands de l’Est utilisait cette possibilité pour rejoindre l’Allemagne de l’Ouest. Ce n’était alors que le début du mouvement populaire qui débuta en Allemagne en 1989. En effet, le 4 septembre 2019 eut lieu la première  « Montagsdemonstrationen » (ou manifestations du lundi en français ) à Leipzig, manifestation pour une réorganisation pacifique et démocratique du pays. Depuis cette date, tous les lundis et malgré la violence de la police de la République démocratique d’Allemagne (RDA), un nombre croissant de manifestants se retrouvèrent à Leipzig jusqu’à atteindre le nombre de 70 000 le 9 octobre 1989.

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Lepizig, 16 octobre 1989

Lors de ces actions les citoyens avaient pour slogan « Wir sind das Volk ! » (« Nous sommes le peuple ! »), slogan illustrant parfaitement leur volonté de réunification de l’Allemagne, les manifestants voulaient être reconnus comme le peuple allemand. De plus, ils passèrent devant le siège de la Stasi sans provocation : les manifestants allumèrent simplement des bougies sur les marches du bâtiment. Ce sont ces manifestations populaires et le soutien de dirigeants importants tels que Wolfgang Berghofer, bourgmestre de Dresde, ou Markus Wolf, ancien chef des services secrets, qui conduisirent  à la chute du Mur de Berlin le 9 novembre 1989, marquant la chute imminente du régime socialiste de la RDA.

En Chine, entre le 15 avril et le 4 juin de la même année, se déroulèrent également des manifestations populaires appelées manifestations de Tian’anmen ( du nom de la place Tian’anmen à Pékin, capitale de la république populaire de Chine ). Les manifestants, principalement des étudiants, des ouvriers et des intellectuels, dénonçaient notamment la corruption du Parti Communiste Chinois et demandaient des réformes politiques et démocratiques. Bien qu’en Allemagne il y ait également eu des violences faites par la police de la RDA, en Chine la répression du mouvement provoqua plusieurs milliers de victimes civiles. La contestation n’eut pas seulement lieu à Pékin mais s’étendit à de nombreuses grandes villes chinoises telles que Shanghai.

Les manifestants, qui commencèrent aussi à faire des grèves de la faim, ne trouvèrent pas d’accord avec le gouvernement chinois et ce dernier instaura donc la loi martiale le 20 mai 1989, loi visant l’instauration d’un état judiciaire d’exception, au sein duquel l’armée assure le maintien de l’ordre à la place de la police ou en collaboration avec celle-ci. Ainsi, grâce à cette loi, le Premier ministre fit appel à l’armée pour dégager la place Tien’anmen mais celle-ci resta bloquée aux entrées de la ville par la foule. On se souvient notamment de l’image diffusée dans le monde d’un jeune homme seul au milieu de la chaussée, défiant une colonne de chars.

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L’Homme au char, ‘Tank man ‘ lors des manifestations de la place Tian’anmen en 1989 en République populaire de Chine

De plus, l’armée nettoya brutalement la place Tian’anmen dans la nuit du 3 au 4 juin, faisant environ 1800 morts et des dizaines de milliers de blessés. Enfin, en plus des victimes civiles et des arrestations, certains dirigeants politiques furent limogés et placés en résidence surveillée comme le secrétaire général du PCC Zhao Ziyang par exemple. Par ailleurs, à l’étranger, la répression provoqua une condamnation générale du gouvernement chinois.

Hattemer Zazie

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