Interview Mme Kristen van den Hul, députée du Parlement néerlandais (invitée d’honneur)

Est-ce que vous pouvez vous présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Kirse van den Hul, j’ai 42 ans, j’habite à Leiden, je suis membre du Parlement néerlandais dans le parti travailliste depuis deux ans et, bien sûr, je suis féministe.

Vous faites partie du PVDA  et élue, à la Chambre basse depuis 2017, avez-vous été victime de sexisme dans le monde diplomatique?

Oui, malheureusement oui. Comme je l’ai dit dans mon discours, au moins une fois par semaine je reçois des lettres adressées à « M. van den Hul » comme si un député ne pouvait pas être une femme. Il m’arrive aussi que, lorsque que fais un discours à la télévision, on me fasse des remarques sur ma tenue vestimentaire, mes cheveux ou mon maquillage et non sur le contenu de mon discours. J’ai remarqué que les femmes ont encore un long chemin à parcourir pour être considérée au même niveau d’expérience que les hommes dans le monde diplomatique.

Vous soutenez l’association Stichting Zijweg que le MFNU a, cette année, décidé de soutenir, pourquoi cette association? 

Merci de financer cette association, c’est vraiment génial ! Une femme sur trois est victime de violence domestique, qu’elle soit physique, sexuelle et/ou psychologique. Stichting Zijweg est une association fondée par des femmes victimes de violence domestique et, grâce à cette expérience, elles sont plus aptes à comprendre les besoins qu’on a quand on est dans cette situation horrible. J’ai malheureusement moi-même été victime de violence conjugale c’est pourquoi que ce thème me touche beaucoup, c’est pourquoi j’ai décidé quand j’ai été élue qu’il faut parler davantage de ces violences. Ce sujet est devenu un tabou social et beaucoup de victimes ont honte d’en parler. Je trouve qu’il faut dépasser cette gêne, car il n’y a aucune raison d’avoir honte. Ce sont ces hommes qui ont levé la main sur leur conjointes qui doivent se sentir coupables et avoir honte. Stichting Zijweg donne une voix, de l’espoir et un sentiment de communauté à ces femmes victimes qui se sentent seules. C’est pourquoi j’espère que tout le monde va soutenir cette association cruciale pour l’équilibre de la société.

Comment l’association aide- t-elle les femmes victimes de cette violence? Quelle est votre contribution personnelle?

Le plus important pour les femmes victimes de violence est d’avoir quelqu’un qui les comprenne, qui les écoute et qui ne les juge pas. C’est le but de Stichting Zijweg. Cette association organise des réunions et des projets pour que le monde professionnel soit plus sensible à ce thème. J’essaye de parler de ce sujet au Parlement parce qu’il faut continuer à se battre et cela commence par parler de ce thème. Il faut montrer que ça peut arriver à tout le monde, même une députée. C’est pourquoi j’ai décidé de publier mon histoire privée à travers une interview avec un journal néerlandais. J’ai comme but de montrer aux autres victimes qu’il ne faut pas se taire ; plus on en parle plus les gens vont se sentir à l’aise avec se sujet. Ce qui est dommage, et j’ai aussi fait cette erreur, est que les femmes victimes ne vont pas faire de rapport officiel à la police. Mais il faut le faire pour arrêter ces hommes. Il faut parler de ce sujet pour que les gens sache quoi faire s’ils sont victimes et s’ils ne le savent pas Stichting Zijweg peut les aider et les recommander (où aller ? que faire ? etc).

Comment peut-on soutenir une femme victime de cette violence? Quelles sont les solutions à un tel problème?

C’est une question très compliquée parce que chaque situation de couple est différente ; une femme n’est pas l’autre. Je trouve que le plus important est de parler avec la victime. Il faut lui demander s’il y a quelque chose qu’on peut faire pour elles. Par exemple, quand j’étais dans cette situation, j’avais besoin de l’aide de mes voisins. Il savaient ce qu’il se passait, mais quand je leur ai demandé de l’aide, personne n’a ouvert sa porte. C’est en restant en contact avec la victime et en la soutenant qu’on peut l’aider. Il suffit d’un petit mot « comment va tu ? » ou encore « veux-tu prendre un thé chez moi un jour ? » Il faut rester en contact et demander ce qu’on peut faire pour la victime. Si on a trop peur, on peut toujours appeler des numéros spéciaux ou bien un centre spécialisé sur ces violences. Mais ne restez pas silencieux !

Donc la solution serait de dénoncer les coupables, rester en contact avec les victimes pour faire en sorte qu’elles se sentent bien mentalement et physiquement et en général ne pas garder ces sujets tabous.

Exactement, il faut vraiment se rendre compte que ça peut arriver à tout le monde.

Leenstra Amandine

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