Esclavage moderne: le rôle des firmes transnationales (FTN)

Officiellement proclamée le 27 avril 1848 à Paris par le décret Schoelcher, l’abolition de l’esclavage reste un fait marquant dans l’histoire des Droits de l’Homme. Le dernier pays à avoir aboli l’esclavage est la Mauritanie dans les années 1980. 150 ans après son abolition officielle, l’esclavage a-t-il réellement disparu ?

Selon Walk Free, il y aurait encore aujourd’hui entre 30 et 45 millions de personnes victimes d’esclavage moderne. Les régions les plus touchées sont surtout l’Afrique (Congo, Nigéria) et l’Asie du Sud (Inde, Chine, Thaïlande). Autre fait accablant: les femmes et les enfants sont les plus sujets à cette traite. En effet, 71% sont des femmes et une victime sur quatre était un enfant.

Les entreprises ont une grosse part de responsabilité dans cet esclavage moderne. Selon un rapport d’Amnesty International, la firme mondiale du cobalt ferme toujours les yeux sur l’esclavage moderne au Congo; notamment sur le travail des enfants et l’esclavage moderne. Sur 30 firmes transnationales s’approvisionnant en cobalt, moins d’un quart (6 sur 29) ont enquêté sur l’approvisionnement. Parmi ces 6, seuls Apple et Samsung ont pu identifier précisément les fonderies et les raffineurs de cobalt qui fournissent leurs sous-traitants. En revanche, les concurrents Microsoft, Vodafone et Huawei se sont vus décerner la palme du mauvais élève “batterie à plat”, incapables de savoir où leurs fournisseurs achetaient leur cobalt.

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Exploitation d’enfants travaillant dans une mine en République démocratique du Congo

On est en droit de se demander pourquoi des entreprises au rayonnement international et soumises aux droits de l’Homme et du citoyen emploient indirectement des enfants pour travailler ?

Dessin fait par Silvestre Emma

Dans un monde qui vit au rythme de la mondialisation, les entreprises choisissent de délocaliser leurs unités de production afin de bénéficier d’une main d’œuvre toujours plus compétitive et moins chère. Ainsi, chez Nike, le coût de la main d’œuvre représente 4% du prix total d’une paire de chaussures. Cette main d’œuvre peu coûteuse est un argument non négligeable pour les entreprises pour augmenter leur profit malgré l’exploitation d’enfants; même constat pour le géant de la télécommunication taiwanaise qui a délocalisé toute sa production à Shenzhen en Chine et qui emploie des dizaines de milliers de travailleurs.

Savarzeix Antoine

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